19 décembre 1915 – 19 décembre 2015
centenaire de la naissance d’Edith Piaf

Tournée en Chine – du 14 au 28 octobre 2015

14 octobre 2015 : première journée de ma tournée en Chine… à la Télévision !

La responsable culturelle de l’Alliance Française de Pékin) m’emmène dans ce bâtiment énorme que les citadins nomment le Pantalon. Il s’agit de la CHAINE CENTRALE chinoise, et n’y entre pas qui veut ! Après un temps d’attente et vérification de nos identités, nous entrons… À l’intérieur c’est immense, et nous avons tout loisir de visiter les nombreux étages car le studio n’est pas encore disponible…
Je viens d’arriver de France et je ne sais pas du tout ce qu’on attend de moi. Par précaution, et aussi par goût… et parce que c’est encore l’été à Pékin, j’ai mis une petite robe noire parsemée de roses. C’est que je dois faire honneur à Edith et bien la représenter ! Mon ukulélé se tient prêt…
Bientôt, le réalisateur et animateur de l’émission francophone “Parlons-en” sur CCTV (la chaîne francophone chinoise) vient me chercher. Il me propose de chanter « La Vie en Rose », en versions française et anglaise, puis “Padam”, devant un décor Pont-Neuf !
Ces deux chansons, “La Vie en Rose” et “Padam”, ont été pour moi le coup d’envoi de cette première tournée en Chine, où j’ai joué huit fois dans sept villes différentes, à Pékin, Tianjin, Jinan, Shanghaï, Wuhan, Shenyang, et Canton où m’attendait, pour ma “dernière”, une foule de 450 personnes !

Que du bonheur !
 

« EDITH, LE CŒUR D’UNE FEMME » EN CHINE.
Ma tournée des Alliances Françaises en octobre 2016.

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Entre le moment où Jean-Luc Tissier, directeur de la Délégation générale des Alliances Françaises de Chine, a vu mon spectacle « Edith, le Cœur d’une Femme » à l’Entracte Saint-Martin, à Paris en décembre 2013, et celui où je suis arrivée à Pékin le 13 octobre 2015 dans la perspective d’une tournée de sept villes chinoises -Pékin, Tianjin, Jinan, Shanghaï, Wuhan, Shenyang, Canton- il se sera passé presque deux ans. Le temps normal, finalement, pour qu’un projet culturel se concrétise…
L’artiste que je suis a dû franchir des étapes, dont la réalisation de l’important dossier de réponse à « l’appel à projets » lancé par la Délégation Générale, et patienter…
Mais j’ai eu la joie de voir mon effort récompensé avec cette magnifique tournée qui me laissera un souvenir inoubliable.

Emission francophone “Parlons-en” sur CCTV à Pékin, le 21 novembre 2015, présentée par Shao Sifan’. Il m’a invitée à chanter “La Vie en Rose” et “Padam”! Sur le plateau, j’étais en compagnie, notamment, de Jean-Luc Tissier, le directeur de la Délégation Générale des Alliances Françaises de Chine.

La Chine, une destination qui fait rêver…

J’avais avant de partir quelques idées reçues, comme la richesse et la force économique chinoises. Et j’ai perçu ce pays comme un lieu de contrastes, à deux vitesses, où le monde rural côtoie au jour le jour la modernité la plus radicale.
Les conditions de mon voyage étaient optimales : avions et trains confortables et sécurisants ; grâce au travail et à l’organisation des directeurs, directrices et responsables culturel(le)s des Alliances chinoises, j’ai partout été reçue comme une princesse, hébergée dans les meilleurs hôtels, servie aux meilleures tables, escortée dans chaque ville par de jeunes assistants, filles et garçons, dévoué(e)s à ma cause au long de chaque journée… Je dois beaucoup à ces personnes, pour avoir simplifié mes relations avec le public chinois, le personnel technique de chaque salle de spectacle, pour m’avoir photographiée, m’avoir accompagnée durant quelques promenades-découverte ici ou là, avoir échangé avec moi sur nos vies respectives en France et en Chine… Sans elles, sans eux, mon séjour en Chine, étant donné mon planning, se serait réduit à une suite de représentations de mon spectacle, sans beaucoup de tourisme !

Montage avec traduction anglaise, de l’émission “Hello”, tournée avec les équipes télé de la ville de Tianjin…

Côté scène : dans chaque ville, une configuration scénique avait été mise en place afin de donner à voir aux spectateurs chinois la traduction du spectacle. L’équipe de la Délégation Générale s’était chargée de mettre au point un texte en chinois, puis de le distribuer aux diverses Alliances qui pouvaient le projeter durant la représentation, soit sur un écran central, soit sur deux écrans symétriques et encadrant la scène. Un dispositif efficace et rassurant, pour le public chinois comme pour moi l’artiste française, car je savais que de cette façon j’étais comprise…

Emission de télé dans la ville de Wuhan…

Partout il y a eu des temps forts, et je veux revenir sur chaque étape de mon voyage pour me les remémorer.
PEKIN : C’est à la capitale chinoise qu’en début de séjour je suis restée le plus longtemps. Un séjour bien occupé avec, dès le premier jour, ma participation à l’émission de télévision francophone proposée par CCTV – la Chaîne Centrale de Télévision Chinoise -, « Parlons-en » et présentée par le réalisateur Shao Sifan’.

Avec Sun Yan-Mé, la responsable culturelle de l’Alliance de Pékin qui avait organisé le rendez-vous, nous nous sommes rendues au Pantalon, l’immeuble gigantesque qui abrite les studios et les équipes de CCTV. Quelques heures d’attente, et au final, je chante en intégralité « La Vie en Rose » et « Padam » accompagnée de mon ukulélé, dans un décor de fond Montmartre et Pont-Neuf… Quand j’apprends que l’émission sera diffusée dans le monde entier sous le titre « Rendez-Vous Romantique », je prends la mesure du magnifique cadeau promotionnel que l’on me fait ce jour-là…

 Le lendemain, temps libre. Avant mon départ, j’avais demandé à ce que, lors de mon séjour à Pékin, quelqu’un m’accompagne pour aller visiter l’Opéra de Pékin, autrement nommé en Chine le NCPA, œuvre de mon cousin l’architecte Paul Andreu. Yan-Mé a rendu la chose possible, et c’est avec émotion que j’ai découvert ce merveilleux bâtiment, tant dehors que dedans, comme une demi-sphère posée sur l’eau à deux pas de la Place Tien An-Men.

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Puis, master-class dans les locaux de l’Alliance Française, où je salue la grande organisatrice et coordinatrice de ma tournée en Chine, Laure Zhang. Je veux remercier ici Laure et Yan-Mé pour leur accueil chaleureux et leur travail remarquable…
Là, une quinzaine d’étudiants m’attendent pour un cours d’interprétation des chansons d’Edith Piaf : je tente de définir pour eux ce qu’est la « chanson réaliste » en France dans les années 30, je parle d’Edith et de sa voix, et puis nous nous essayons à travailler sur « Non Je ne Regrette Rien »… Le moment pour moi de constater à quel point les Chinois aiment chanter, et de découvrir la qualité de leurs voix.

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A Tianjin et Jinan, le hasard me fera croiser, sous les kiosques des jardins publics, des chanteurs et des musiciens traditionnels interprétant pour le plaisir « l’opéra chinois »… peut-être pas si éloigné que ça des grandes chansons françaises à texte, où l’on chante puissamment et les bras le long du corps comme le faisait notre Piaf nationale !

Si la « première » de mon spectacle « Edith, le Cœur d’une Femme » au « Pavillion » de Pékin a constitué une sorte de mise en route de la tournée, la seconde représentation, dans une prestigieuse salle de la « Fondation Manet » a été une réussite, et l’occasion pour moi de découvrir combien les Chinois aiment recevoir les artistes étrangers ! Couverte de cadeaux de prix à la suite du spectacle, j’ai posé en compagnie de Jean-Luc Tissier et de son épouse, devant une reproduction du « Déjeuner sur l’Herbe », au bras d’invités choisis !
Ainsi j’ai appris qu’en Chine, un spectacle réussi est toujours suivi pour l’artiste d’une séance-photos qui peut durer… aussi longtemps que le spectacle lui-même !

TIANJIN : Je joue dans une petite église changée en centre culturel, cernée de buildings, le Western Shore Art Salon… Mais le public vient nombreux – 150 personnes – et je participe à une émission de télévision locale qui présente le travail de l’Alliance Française de Tianjin et ce festival intitulé « l’Automne du Romantisme » pour lequel mon spectacle a été sélectionné.

JINAN : Cette fois je jouerai à l’Hôtel Sofitel Silver Plaza de Jinan. L’évènement est superbement annoncé sur différentes plaquettes et programmes, des photos, des articles… Je suis comblée !!

Programme Jinan Hôtel Sofitel Silver Plaza 1 Programme Jinan Hôtel Sofitel Silver Plaza 2

Une intervention dans l’école de musique Tongyin afin de promouvoir la classe de ukulélé a occupé une journée plus calme au cours de laquelle je n’ai pas manqué de visiter, grâce à mon accompagnatrice, les vieux quartiers et jardins de la ville, y compris un musée à la mémoire de Mao ! Et me suis acheté une robe chinoise « sur le modèle de celle de la femme du président chinois », m’a dit la vendeuse !

SHANGHAI : On dit de Pékin qu’elle est la Ville Impériale, et de Shanghaï qu’elle est la Ville Magique. Et en effet ! Lorsqu’arrivant de l’aéroport, on approche de l’île de Pudong, on croit rêver ! De nuit, l’ensemble forme une sorte de forêt d’arbres de Noël d’avant-garde, une féérie !

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Malheureusement, car j’ai eu le temps de m’en rendre compte lors de mes trajets en train, toute cette beauté ne justifie pas l’invasion du paysage chinois par des buildings toujours plus hauts, serrés et gris, aux abords des villes comme en pleine campagne…
Le vieux Shanghaï étant situé près de la promenade principale qui longe cette île de Pudong, j’ai pu visiter, seule, l’un des plus beaux et des plus vieux jardins chinois, le Jardin Yu, que j’ai photographié avec le plaisir d’une femme occidentale fascinée par l’Orient ancien. Deux jours pleins dans une ville permettent tout de même d’allier tournée et découverte… et à Shanghaï, sachant de source sûre que l’avenir du jazz est maintenant en Asie, j’ai pu assister à un concert au JZ Club, avec au programme un trompettiste chinois et son groupe, le Li Xaochuan Quartet !
Quant à mon spectacle, il a été présenté dans les locaux de l’Alliance, devant une centaine d’étudiants, qui n’ont pas manqué de me prendre en photo et de m’interroger longuement après la représentation…

WUHAN : Pas de temps à Wuhan pour visiter la ville, mais un aller-retour jusqu’au fleuve Yangtsé, et après le spectacle, donné au Comptoir Maison du Sud-Ouest France, « devant le tout-Wuhan », un sublime repas confectionné entre cultures française et chinoise par un chef chinois inspiré, Tom.
A Wuhan, je découvre encore un autre aspect de la Chine, dans un hôtel années 30 qui me rappelle le film adapté du roman de Marguerite Duras, « l’Amant »… En pleine nuit, je me lève car il y a du bruit dehors… C’est un marché clandestin qui a lieu sur le trottoir, en bas, à la lueur des bougies… Un moment de mystère, énigmatique, qui m’inspire et me donne de nouvelles pistes pour un éventuel autre spectacle…

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SHENYANG : Il faisait chaud à Wuhan, mais à Shenyang, au Nord de la Chine, c’est l’hiver et le vent est froid. J’arrive tard dans l’après-midi, et les embouteillages sont monstres avant d’arriver au lieu du spectacle, le « 1905 », une sorte de friche artistique où, le long des grands halls… mes photos et celles d’Edith Piaf sont exposées grandeur nature !

On m’attend ici comme une super-star : une salle est aménagée comme un décor de rêve, des bouquets de roses rouges sont suspendus au plafond tandis que des deux côtés de la scène de très grands écrans projettent des images d’Edith. Je suis prise en main par une maquilleuse, une coiffeuse… alors j’en profite car je commence à avoir besoin de me faire dorloter…
250 personnes sont présentes au spectacle du soir et chantent avec moi les refrains des dernières chansons, « Padam », « La Vie en Rose » et « Non, Je ne Regrette Rien »… Un succès, aux dires des organisateurs, et pour moi, la joie d’être reçue comme une très grande artiste. Avec en prime, des photos prises avec le public et toute l’équipe devant le beau visage d’Edith Piaf.

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CANTON : En Chine, une épreuve attend les chanteurs : le climat !! On passe du froid au chaud en quelques heures, on doit s’adapter (ou non) à la climatisation présente partout, se couvrir, se découvrir, sans parler de la pollution atmosphérique, omni-présente…
Mais au Sud, à Canton, je découvre une autre Chine, tropicale… où de drôles d’arbres à moustaches, les banians, ponctuent les trottoirs. Du haut de ma chambre, à l’Hôtel Sofitel où je suis logée, j’aperçois des jardins potagers sur le toit des immeubles voisins !

Pour ma dernière étape en Chine je n’ai pas l’intention d’être inactive, et je propose un échange avec les étudiants de l’Alliance, avec lesquels je passe un moment délicieux, à chanter « La Vie en Rose », en chœur !

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Mais mon accompagnatrice veut me faire profiter à plein de ces dernières heures dans son pays, et le lendemain de mon spectacle au Grand Ballroom de l’Hôtel Sofitel – 450 personnes – elle m’emmène visiter le Temple de Shen, qui renferme une sorte de musée des arts traditionnels chinois : céramiques, ivoires sculptés, verres gravés, sculptures de bois et de jade, papiers découpés… nombre d’objets précieux y sont rassemblés.

Une vie incroyable se déroule aussi sur les toits recourbés des pagodes : si comme moi, on se promène le nez en l’air, dans le ciel de fin d’après-midi on voit s’y poser des dragons, des tigres et des lions, des « immortels » et d’innombrables animaux fantastiques…
Au revoir la Chine, c’était beau… mais trop court. J’ai tout de même réussi à laisser aller mon imaginaire, de building en jardin traditionnel.

Encore un immense merci à toutes celles et ceux qui m’ont invitée et accueillie.

J’espère revenir.

 

 

 

 

Séverine Andreu,
Paris, janvier 2016.

 

 

 

 

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